samedi 11 avril 2020

IROULEGUY encore

Il y a quelques temps déjà, je vous ai présenté le vignoble d'Irouléguy (pour mémoire). Ce vignoble qui tutoie les Pyrénées et dont l'altitude oscille entre 250 et 450 mètres peut néanmoins être qualifié de vignoble de montagne dans le sens où la majorité des vignes goûte à la vie sur des terrasses. Cette contrainte de relief contribue à rendre le travail plus difficile et demande plus de précision à tous les stades. 250 hectares répartis sur une quinzaine de communes. Petit périmètre donc mais diversité de sols, des plus légers au plus lourds, conférant ainsi à chaque parcelle un aspect vraiment unique. Un climat fort logiquement océanique mais avec quelques influences montagnardes. Les vins y sont néanmoins tous très expressifs et à divers degrés de puissance.

Comme évoqué ci-dessus, les contraintes de relief requièrent une grande précision dans le travail. C'est vrai tout au long des années et des opérations liées du plant de vigne jusqu'au vin mais c'est encore plus prépondérant au moment des vendanges... Choisir le bon moment et cette fameuse maturité œnologique, notion certes tout à fait théorique, mais qui permet de tenir compte de divers éléments en fonction du potentiel des ensembles mais aussi et surtout de tout mettre en oeuvre pour produire le type de vin recherché. Une sorte de point d'équilibre dont le calcul tient autant de la science que du savoir faire. Une fois ce raisin frais vendangé, à la main toujours ici, c'est un marathon qui commence. Nul n'ignore la propension du raisin à s'oxyder rapidement une fois ramassé, surtout si les températures extérieures sont assez chaudes... Il convient donc d'aller assez vite vers l'endroit où il sera procédé aux premières opérations. La protection de la vendange est un enjeu majeur pour prévenir tout phénomène qui serait irréversible. Encore beaucoup de producteurs utilisent ce que l'on appelle communément les SULFITES (dioxyde de soufre). Les sulfites sont un conservateur très utilisé dans l'agroalimentaire, ils sont employés dans les vins quasiment depuis toujours dans le sens où les Romains faisaient déjà usage de soufre pour conserver leurs vins. Le sulfitage de la vendange dès son arrivée en cave permet de maîtriser la population bactérienne sans affecter les levures et donc la fermentation alcoolique qui fera du raisin un vin... Un cadre légal limite l'utilisation de ces sulfites et de plus en plus de vinificateurs font le choix de ne pas y avoir recours. C'est un choix à la fois personnel et/ou dicté par des nouvelles tendances de consommation quand on veut des produits "sains" (certaines personnes étant intolérantes). Pour l'aspect légal, veuillez noter que la mention obligatoire sur la présence de sulfites n'est obligatoire qu'à partir de 10mg/l dans le vin. Le vin du jour est un de ces vins produits sans utilisation de soufre...

La CAVE D'IROULEGUY est un ensemble coopératif mais plus je parle avec des gens qui la représentent ou la connaissent, plus j'ai l'impression que c'est plutôt une grande famille, quoi de plus logique dans notre paysage viticole et quoi de plus logique dans un pays où les valeurs humaines sont exquises. Des producteurs passionnés qui unissent autant la force que le savoir faire afin de délivrer les raisins les meilleurs en vue de la vinifications de vins rouges, blancs et rosés au charme singulier. Une gamme qui permet une belle aventure sensorielle dans tous les cas, et même si nous parlons d'une cuvée rouge ce jour, je reviendrai très prochainement sur une cuvée blanche car j'ai vraiment le sentiment que les blancs d'Irouléguy n'ont pas l'aura qu'ils méritent auprès des oenophiles. Pour ma part, je suis tombé sous leur charme...

VIN ROUGE
France / Sud-Ouest / AOP Irouléguy
La Cave d'Irouléguy (64430 St-Etienne-de-Baïgorry)
GABE (cela signifie SANS tout simplement, en référence à sans sulfites ajoutés)
Millésime 2019
13,5%
Cépages: Tannat (65%), Cabernet-Franc (35%)

Une robe très profonde mais avec la nostalgie de sa jeunesse par des reflets violines. Une perception nasale instantanée et totale de fruits (cerise noire d'Itxassou, framboise sur-mûrie, prunelle du Baztan). Formidable éveil des sens. En bouche, voluptueuse association de tanins soyeux enrobés par une structure aromatique toujours aussi pléthorique. L'histoire est loin d'être terminée, les fruits se rappellent à nous de manière infinie sur un registre désaltérant. Un vin à boire typiquement sur sa jeunesse pour la pureté de son fruit. Egarri naiz!   
Accord idéal: Un parmentier de veau dans lequel on aura fait fondre quelques fines tranches de fromage Ossau-Iraty


dimanche 5 avril 2020

VIN DE FRANCE encore

Vin de France... Voilà un terme que vous voyez de plus en plus apparaître sur les bouteilles. Un point de précision s'impose afin de donner sa juste valeur à cette classification. Il est à noter que ce fut la France qui fut à l'initiative d'une législation des vins par catégories. Cette classification juridique sert aujourd'hui de fondement à la législation des vins de la communauté européenne. Cocorico donc!
L'appellation VIN DE FRANCE est le grade de classification le moins élevé dans la hiérarchie. Anciennement ces vins étaient appelés VINS DE TABLE. Leur indication géographique n'est pas obligatoire et donc pas toujours indiquée. Ces vins peuvent être issus de régions, millésimes, vins différents. Mais ils peuvent aussi afficher millésimes et/ou cépages.
Grade de classification le moins élevé ne veut pas forcément dire en bas de l'échelle de qualité. Il n'est même pas rare que les meilleurs ou ambitieux producteurs se lancent dans l'élaboration de vins sous la bannière VDF en parallèle de leur production phare, pour détourner les cahiers des charges pour trop stricts des AOP et/ou IGP. L'autre but peut être de mettre en lumière des cépages inattendus à certains endroits ou certains excellents cépages vinifiés seuls. Souvent des producteurs authentiques en recherche de produits originaux montrant à la fois l'excellence de leurs terroirs et l'ampleur de leur savoir-faire. C'est le cas de notre vin d'aujourd'hui. Un vrai Languedoc issu du territoire de l'AOP Faugères. Mais en VDF car 100% Cinsault et n'obéissant de fait plus aux critères pour rentrer en AOP. 

Le CINSAULT est un cépage français méridional. Lui aussi subit un étiquetage parfois un peu péjoratif avec succès car il est souvent associé à certains vins rosés un peu standardisés voire insipides... C'est mal connaître le formidable potentiel de ce cépage délicat qui quand sa productivité est maîtrisée à de faibles rendements produit des vins charmeurs et à l'aromatique raffinée. Les producteurs les plus visionnaires ne s'y sont pas trompés et depuis quelques années ont inclus dans leurs gammes des cuvées rouges de monocépage Cinsault. Notre producteur du jour a donc fait un excellent choix car ce cépage apprécie particulièrement les sols de schistes. Des vins certes faciles (sans aucune vision négative) mais qui sauront séduire un public plus large et venir sublimer des plats qui bien que légers appellent des vins rouges.

Le MAS ONESIME est une exploitation viticole située dans l'arrière-pays de l'Hérault, sur le territoire d'une appellation qui monte petit à petit dans le cœur des amateurs: Faugères. Une histoire de presque cent ans de culture de la vigne et ayant animé plusieurs générations, d'abord dans le système coopératif puis désormais en indépendant. Des sols majoritairement schisteux permettent de produire une gamme de vins tout aussi expressifs que subtils. Côté méthodes, tout est dans la limitation pour avoir un plus grand respect de la vigne jusqu'à la bouteille. C'est donc tout naturellement que le domaine concourt au label agriculture biologique. Des vins qui méritent d'être connus et pour certains absolument faire un séjour dans votre cave afin de bonifier leur qualité.

VIN ROUGE
France / Languedoc / Vin de France
Mas Onésime (34480 Cabrerolles)
Le Cinsault
Millésime 2019
14,5%
Cépages: Cinsault (100%)

Première sensation sur un vermillon assez clair mais scintillant. Éloquence nasale sur un bol de framboises juste ramassées, quelques groseilles et un bouquet de thym. Une note de poivre blanc en mode positivement pudique permet d'enrichir l'ensemble. Estimable friandise dès l'entrée en bouche, littéralement comme si on croquait directement les fruits évoqués au préalable. Une chair ronde et coulante encadrée par des tanins les plus soyeux. Somptueuse et coquine finale sur le fruit consolidant une persistance gustative sur la tendresse et l'élégance.  

Accord idéal: des côtelettes d'agneau grillées au thym et au romarin


jeudi 2 avril 2020

CORBIERES encore

Un peu moins de temps pour écrire ces jours-ci. L'isolement ne conduit pas forcément à l'ennui ou à l'inactivité, et à la limite tant mieux. Ne nous privons pas non plus de nouvelles belles découvertes et de partages de sensations. Après avoir présenté une première fois l'appellation CORBIERES presque trois ans en arrière, je trouve que j'ai presque attendu trop longtemps avant de vous présenter un nouveau produit issu de cette région viticole pourtant très riche (à l'image de toutes ses voisines languedociennes ou presque). J’étofferai dans un prochain article plus de spécificités sur les terroirs de cette partie de mon département voisin, les occasions seront légion.

Pourquoi la bouteille du jour me direz vous... Je fais un petit retour en arrière, en Février plus précisément. Comme je l'ai souvent écrit ici, nous avons tous nos petits "dadas", nos petites préférences pour telle ou telle appellation, tel ou tel cépage... C'est pour moi la notion de sensibilité, et elle est ô combien importante dans cette passion de la dégustation et de la découverte. Donc, lorsque j'arrive sur un événement consacré aux choses du vin et qu'il y a des espaces de dégustation libre, je ne peux m'empêcher en deux temps de tremper mes lèvres en priorité sur les produits à dominante de cépage Roussanne pour les blancs et de cépage Syrah pour les rouges. Question de goût probablement, ce sont mes deux cépages préférés. Alors oui j'y perds sûrement une part de mon objectivité mais quand le plaisir est au rendez-vous on ne saurait le faire attendre plus longtemps... Et dans la petite série de six vins blancs dégustés en première intention ce jour là, celui-ci m'a vraiment touché par sa personnalité.

Le CHATEAU DE CARAGUILHES est un des gros domaines de l'appellation. Avec plus de 130 hectares à exploiter sur un un ensemble de près de 600 hectares de monde naturel, l'on ne peut saluer que le défi qui est celui des acteurs du domaine de continuer à travailler avec une philosophie d'extrême respect de la vigne et du terroir dans lequel ils s'inscrivent. La gamme est assez étoffée et chaque amateur y trouvera son bonheur à travers des rouges, des blancs et des rosés, tous d'expressions différentes mais toujours avec cette petite personnalité qui les rend uniques. La région étant un décor magnifique, n'hésitez pas à aller vous perdre dans ce coin encore un peu sauvage et préservé pour partager un bon moment de dégustation.

VIN BLANC
France / Languedoc / AOP Corbières
Château de Caraguilhes (11220 Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse)
La Font Blanche
Millésime 2018
13,5%
Cépages: Roussanne (65%), Marsanne (20%), Grenache Blanc (15%)

Un visuel qui vous rappelle le foin bronzant au soleil. Un nez aussi riche que sensuel bâti sur des nuances d'abricot, d'amande, de pêche, de mandarine et de poivre blanc. Un soupçon iodé quand vous agitez votre verre, signe de complexité. La bouche est un estimable meli-melo de sensations, une belle matière qui allie de manière triple le gras, la fraîcheur et les saveurs. Nous y retrouvons sur le registre bien mûr ces agrumes à peau orange pour animer un concert qui se prolonge à l'envi et se termine sur un amer noble.

Accord idéal: une daube de poulpe cuisinée au vin blanc


dimanche 29 mars 2020

FRONTON encore

En cette fin de semaine, toujours d'isolement, nous allons demeurer non loin du domicile, même pour les choses du vin. Mais contrairement à l'époque que nous vivons, rester dans la proximité des appellations qui m'entourent (Fronton, Gaillac) n'a rien d'une affliction.

FRONTON, donc, appellation à cheval sur les deux départements que sont la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne. Des styles bien particuliers et assez variés sur les cuvées rouges et rosées (qui pour l'heure sont les deux couleurs autorisées dans le cahier des charges de l'appellation) mais une part de vins blancs (secs et doux) sont en train de se frayer un petit chemin, bâtis qu'ils sont sur des cépages bien connus pour l'extrême majorité et de manière plus confidentielle sur un cépage nommé Bouysselet. Ces vins sont donc étiquetés en IGP (très souvent Comté Tolosan) ou VDF. Sur ces blancs de Fronton nous reviendrons... Sur les vins rouges et rosés, la NEGRETTE est le cépage dominant et il est de plus en plus monnaie courante de la trouver vinifiée en monocépage, avec il faut bien l'admettre de belles réussites. Je vous invite à relire deux articles parus en ces colonnes afin d'approfondir des détails sur les vins de Fronton. ARTICLE 1 // ARTICLE 2

Le CHATEAU BOUJAC est une exploitation viticole d'une trentaine d'hectares située à proximité des frontières départementales. Une production diversifiée sur les trois couleurs avec logiquement une part plus importante sur la vinification de raisins noirs. Depuis 2008, les propriétaires ont fait le choix d'un cheminement raisonné et se sont orientés dans la démarche Bio. Le domaine est désormais certifié depuis 2012. Sans mentir, je ne connaissais le domaine que de nom, j'ai pu le découvrir lors du dernier salon Millésime Bio à Montpellier et il y a fort à parier que je me rendrai dès la carte blanche de tout motif retrouvée, j'irai pousser la porte du caveau...

VIN ROUGE
France / Sud-Ouest / Fronton
Château Boujac (82370 Campsas)
Kelina
Millésime 2018
13%
Cépages: Négrette (100%)

Avènement visuel sur un carmin brasillant et se parant de reflets laissant penser à un volcan en irruption. Effluences graciles de fraise des bois, de cerise bigarreau et de prunelle. Un léger accouplement avec l'oxygène plus tard, l'on y subodore une délicate note d'eucalyptus. Tout au long du passage en bouche, la notion de totale harmonie prédomine. Une belle puissance aromatique sur un extrême velouté. Des tanins assez suaves qui épousent à merveille une acidité fine et délicate. Longue confession finale sur un doux registre de réglisse de Zan.

Accord idéal: un morceau de saucisse de Toulouse grillée accompagnée d'un gratin de macaronis


mercredi 25 mars 2020

LUBERON encore

Nous continuons notre échappée en faisant un retour sur des produits dégustés depuis le début de l'année 2020 et qui ont éveillé autant ma curiosité que ce qu'ils ont émerveillé mes sens. Depuis quelques années on note une dynamique ascendante pour les vins du LUBERON... J'avais déjà eu l'occasion de vous parler des vins de cette région. Cette dégustation m'a forcé à suivre de près quelques caves coopératives et quelques domaines sur la montante et de bien distinguer comment était maîtrisé un climat qui tout aussi méditerranéen qu'il soit était parfois soumis à des influences montagnardes.

Cette petite appellation qui fait le joint entre Rhône-Sud et Provence possède en effet tout ce qui est propice à l'exercice de la culture de la vigne, de la racine jusqu'au raisin. Ce soir, je veux plutôt mettre en lumière la notion d'ASSEMBLAGE... La question de l'association des cépages dans les cuvées est une problématique majeure chez beaucoup de producteurs, surtout dans le Sud de la France. Mais il faut bien avouer que cela donne aussi le charme et la personnalité à tous ces vins, ainsi que des styles "maison" à certains producteurs. Pour cela, au creux de l'hiver, de longues séances de dégustation sont organisées dans les chais et beaucoup d'équations du goût sont posées. Parfois ça peut même durer plusieurs jours afin de trouver l'adéquation idéale (je n'aime pas trop user de pléonasmes mais là cela s'impose). Car d'une année sur l'autre, on sait très bien que les choses de la vigne ne sont pas des sciences exactes et que chacune des composantes peut tirer autant vers le haut que vers le bas tant en matière de productivité que de potentiel à vinifier. Si je devais résumer cela de manière certes un peu vulgarisée, je dirai que l'assemblage permet d'additionner dans un même vin les qualités de tous les cépages, lesquelles qualités viendront en contrepoids des points faibles des autres cépages. Le but étant d'obtenir, toujours à mon goût, un produit aussi complet que séduisant.

Le DOMAINE LE NOVI c'est comme souvent une suite chronologique familiale dans l'exploitation du domaine. Un désengagement récent (moins de dix ans) du système coopératif, et désormais ce sont une grosse dizaine de cépages qui sont cultivés sur la vingtaine d'hectares que compte le domaine. Je n'ai eu l'occasion de déguster que cette cuvée mais une future proximité certaine me permettra de découvrir avec une belle envie le reste de la gamme.

VIN BLANC
France / Rhône Sud / AOP Luberon
Domaine Le Novi (84240 La Tour-d'Aigues)
Terre de Safres
Millésime 2019
13%
Cépages: Vermentino (33%), Grenache-Blanc (27%), Bourboulenc (23%), Viognier (10%), Ugni-Blanc (10%)

Une histoire d'amour naissante entre le jaune et le vert avec un écrin de cristal pour cadre. Exhalaison capitale de zeste d'orange de Kozan, de citron de Menton, de pêche à chair jaune, de litchi, de chèvrefeuille et un soupçon de pierre chaude mouillée en épilogue post-aératoire. Générosité, délicatesse, fraîcheur, aromatique et tension l'accompagnent tout au long de son passage en bouche. Une prodigieuse agitation de tous les sens probablement due à la qualité de chacun des cépages qui le composent. Il nous laisse comme souvenir une impalpable sensation désaltérante sur une saveur légèrement saline. Complet et séduisant!

Accord idéal: une tourte olives/picodon


lundi 23 mars 2020

SAINT CHINIAN

Suis-je languedocien... Oui et non! Oui car comme beaucoup de gens dans notre magnifique sud de la France, je parle la langue d'Oc, langue que nous défendrons chèrement qui plus est. Non car je ne vis pas à proprement parler dans l'ex région administrative Languedoc-Roussillon dans sa partie languedocienne. Mais bon pour faire un clin d’œil à mes fidèles lecteurs franciliens, je suis plus près de Saint-Chinian que ce qu'ils sont eux éloignés du vignoble de la Champagne... Alors me direz-vous, pourquoi être à tel point un chantre des vignobles languedociens? Ce n'est pas bien compliqué, la diversité en tout et pour tout... Beaucoup de types de sols, plusieurs influences de climat, diverses altitudes, une nébuleuse de cépages, des vignerons engagés et créatifs, et, tous les types de produits en passant par les effervescents, les blancs doux et les vin doux naturels et même des mistelles et eaux de vie. Inutile d'en rajouter, tout est dit. En conclusion, le Languedoc est devant la Vallée-du-Rhône la zone phare de production de vin en France.

Il est des bouteilles qui vous marquent pour l'histoire. J'ai bien souvenir de quelques humectages de lèvres avec des vins de Fronton pour premières expériences sensorielles avec le vin. J'avais une dizaine d'années. Auparavant, il faut dire que très jeune je m'étais mesuré aux travaux de la vigne auprès de mes aïeux sur des cépages autochtones du Sud-Ouest voire bordelais mais je n'avais pas le droit d'y goûter... C'était sacré que l'on me rétorquait... Cette phrase, trente ans après je la comprends enfin et je savoure (le mot est adéquat) tous les jours la chance que j'ai de pouvoir déguster du vin quotidiennement et de demain en faire (enfin) mon métier tout en le glorifiant. Mais pour le centième article de ce blog commencé en 2017, je me devais de louer une cuvée avec une histoire forte de relation avec ma passion bachique. Nous partirons donc à nouveau dans le Languedoc avec la présentation d'une oeuvre nous venant d'une appellation de grande qualité. Pourquoi ce choix car c'est grâce au millésime 2010 de cette cuvée que j'ai eu un déclic majuscule, qui a d'une part fini de propulser sur le devant de la scène mon adulation pour cette boisson mais qui m'a aussi fait réaliser ce que ma sensibilité attendait d'un vin car j'ai sur le coup considéré que celui-ci avait tout ce que je recherchais... Des années après et suite à l'appréciation d'autres millésimes, cette vérité n'a pas changé que ce soit dans mon conscient ou mon inconscient... Le Chant des Cigales est une formidable synthèse!

SAINT-CHINIAN est une appellation qui regarde d'un côté celle du Minervois et de l'autre celle de Faugères, des voisines de grande qualité également. Les vignes sont blotties au devant du Mont de l'Espinouse. dans une grande diversité de reliefs entre collines et plaines. Une multitude d'expositions aussi, ce qui ne peut que se retrouver au moment d’appréhender la complexité. Un climat chaud et sec, type méditerranéen, quoi de plus logique ici quand la belle bleue n'est qu'à une quarantaine de kilomètres. Mais c'est sans oublier quelques influences continentales dues à une altitude qui oscille ici entre 100 et 400 mètres. 3000 hectares environ de vignes plantées sur des sols majoritairement de schiste au nord et d'argilo-calcaire au sud. L'épine dorsale est constituée par les cépages rouges Grenache et Syrah, le Mourvèdre également même si un poil derrière. Il faut bien dire que plus de 90% de la production est dédiée au rouge et au rosé. Mais ne négligeons pas pour autant les blancs qui sont ici aromatiques, expressifs et capables de très bien vieillir, je vous le démontrerai très vite en ces lignes. A noter, que depuis 2005, deux zones de l'appellation ont été élevées au rang de Cru, à savoir Roquebrun et Berlou, avec un cahier des charges plus strict.

Le DOMAINE LA LINQUIERE fait partie des domaines phares de l'appellation Saint-Chinian. Il faut dire qu'ici la passion et la créativité ne manquent pas dans une gamme aussi complète que séduisante, propre à contenter tous les amateurs. Le domaine fondé au milieu du XIXe siècle sort du système coopératif en 2001. D'abord Robert, puis désormais ses fils Luc et Pierre président aux destinées des 25 hectares répartis sur le terroir de l'appellation et sur des sols divers (ceci expliquant aussi la diversité et la complexité des produits). Les vendanges sont toutes réalisées à la main et à la caisse, ce qui garantit la qualité du raisin avant son arrivée en cave. Sur certaines cuvées, la vinification se fait en grappes entières et l'élevage en fût de chêne est pratiqué avec à propos, rendant les vins propices à une belle garde. Je ne manquerai pas de vous raconter d'autres flacons tout droit venus de ces chais. Félicitations à la famille Salvestre pour cet excellent travail. Je reste avec le Chant des Cigales chevillé à mon cœur de passionné. 

VIN ROUGE
France / Languedoc / AOP Saint-Chinian
Domaine La Linquière (34360 Saint-Chinian)
Le Chant des Cigales
Millésime 2015
14,5%
Cépages: Syrah (70%), Mourvèdre (15%), Carignan (15%)

Robe d'un rubis abyssal et éblouissant laissant s'échapper quelques rayonnements de grenat. L'olfaction est un raccourci vers le paradis sensoriel. Un formidable métissage de fruits noirs bien mûrs et macérés (pruneau, mûre, cassis), de végétaux secs (garrigue), d'épices (poivre) et de pain grillé. En nous laissant le temps de reprendre notre souffle après un tel émoi, nous pourrons même y discerner une pointe d'olive noire et de truffe. Complet et complexe! En bouche, il prend son temps pour prolonger votre plaisir. Une entrée d'une gourmandise monstre avant de laisser place à une texture riche aussi voluptueuse que puissante, de jolis tanins enrobés dans un océan de saveurs dominé les épices douces, les fruits noirs et les olives noires, conforme donc à l'impression de base. Voulant subsister tel un mythe, il diffuse une terminale sapide et interminable qui nous rappelle tour à tour les notes évoquées ci-dessus, sans lourdeur aucune. En replongeant quelques minutes après le nez dans votre verre vide, vous serez conviés à de nouvelles illusions. Fermez les yeux et rêvez!
Il peut encore vieillir en cave pour quelques années, il vous réservera de nouvelles surprises. Je vous conseille de le carafer un peu au préalable pour mieux l'apprécier.

Accord idéal: un filet de boeuf sauce "chasseur" (base Armagnac au lieu du Cognac je précise)


vendredi 20 mars 2020

VALAIS (suite)

Mon intarissable curiosité sur les choses du vin m'a poussé je ne sais pas encore comment un samedi de Novembre 2019 a vouloir approfondir mes connaissances viticoles sur un de nos pays voisins que l'on n'envisage pourtant pas forcément pour cela, la SUISSE. Au tout départ, la seule chose que je savais, de manière très vulgaire je vous l'accorde, c'est que la Suisse était le pays roi dans la vinification du cépage Chasselas et qu'il se faisait de très belles cuvées de Syrah en Valais... Ultra réducteur quand on sait toute la richesse que recèle cette Suisse viticole et sa diversité de tout (sols, climats, cépages autochtones et internationaux). C'était aussi sans compter sans la passion, la compétence et la rigueur de beaucoup de vignerons encaveurs dans un relief rendant difficile toutes les exploitations.

J'ai donc entrouvert cette porte et c'est vraiment sans aucun regret tant je suis bluffé au jour le jour par tout ce que j'apprends. Deux séjours plus tard et après un tour d'horizon complet de toutes les régions, je suis désormais à même d'en parler et d'essayer de vous transmettre le message promoteur de ces beaux produits. Chaque passionné a au moins un vin qui lui correspond en Suisse!

La PETITE ARVINE est un cépage que je dirai autochtone de la Suisse. Alors certes on lui trouve bien des filiations lointaines avec des cépages italiens (Avana), voire français (Petit-Meslier, Savagnin, Gouais Blanc) mais on ne peut clairement pas dissocier ce cépage du vignoble du Valais dans le sens où il était déjà cultivé dans les environs de Sion au tout début du XVIIe siècle. Cépage productif mais de maturation tardive, il est assez sensible et nécessite une culture attentive et soignée. Il donne des vins de bonne structure, élégants et complexes. Le plus souvent vinifiée en "sec", elle peut aussi se décliner sous différents degrés de douceur (elle est d'ailleurs sensible au botrytis). Tombé un peu sous le charme de ce cépage, lors de mes prochains travaux j'espère déguster des vieux millésimes afin de voir son potentiel à traverser le temps mais avec un tel équilibre acide/alcool je n'ai pas tellement de doute.

Il y a un peu moins d'un mois, je mettais en avant un vin rouge du Valais (pour mémoire) du DOMAINE GERALD BESSE. J'ai découvert ce domaine le mois dernier à Paris, ayant pu déguster quelques cuvées "spécialités". Sans nul doute, une fois le contexte sanitaire amélioré, je me rendrai dans ce joli coin du Bas Valais pour poursuivre mes découvertes et observer la vigne qui s'épanouit dans un écrin précieux.

VIN BLANC
Suisse / Valais / AOC Valais
Domaine Gérald Besse (Martigny-Croix)
Petite Arvine Martigny
Millésime 2018
14,2%
Cépages: Petite Arvine (100%)

La rencontre se fait sur fond platine aux reflets flaves. Olfaction aussi luxuriante que la nature en ces lieux. Nous y distinguons bergamote, pamplemousse, mirabelle et des fleurs de glycine. L'aération nous évoque une note minérale iodée. Ample, la bouche se déploie sur ses arguments de charme: un beau volume, une désaltérante tension et une expression prononcée des saveurs qui jouent au caméléon. Un registre assez mûr d'agrumes que l'on explore jusqu'au zeste. Formidable balance qui se prolonge au firmament d'un souvenir un brin salin. Cette Petite Arvine vraiment pas si petite que ça, elle a en effet tout d'un grand vin!

Accord idéal: une truite fario du Valais avec une sauce crème cresson


jeudi 19 mars 2020

COTEAUX VAROIS EN PROVENCE (encore)

Comme annoncé il y a deux jours, je profite de l'isolement actuel, pour le moins bachique me direz vous pour revisiter des appellations déjà exposées en ces lieux voire des producteurs déjà mis à l'honneur. L'idée est de découvrir de manière simple, synthétique et efficace d'autres cuvées.

Pour ce soir et pour ajouter un peu de diversité, j'ai décidé de partir sur un vin rosé... On ne leur réserve pas encore la place qu'ils méritent et il est difficile de sortir d'une réputation de vin facile ou immédiat. La Provence est pourtant une région française où l'on trouve des rosés de très grande qualité et pas forcément le fameux vin plutôt cliché... Avec un peu de curiosité, on trouve même de très jolis produits, taillés à la fois pour la garde mais aussi pour la gastronomie. L'appellation COTEAUX VAROIS EN PROVENCE me procure bien des satisfactions en matière de dégustation (pour mémoire). En effet, elle jouit d'une altitude plus élevée que les autres appellations (de 250 à 700 mètres) de cette zone et cela se retrouve indubitablement dans les vins et ce pour les trois couleurs. Nous en reparlerons...

Le Domaine Saint Mitre est situé à Saint Maximin la Sainte Baume, vulgairement parlant niveau géographique on dira à mi-chemin entre Nice et Aix-en-Provence. Un domaine de 35 hectares repris en 2004 par les propriétaires actuels qui ont mené de grandes actions pour arriver au niveau actuel. Je dois bien dire que leur gamme en rosé et en rouge est très compétitive et avec de réels niveaux d'expression. A connaitre. 

VIN ROSÉ
France / Provence / AOP Côteaux Varois en Provence
Domaine Saint Mitre (83470 Saint-Maximin-la-Sainte-Baume)
Clos Madon
Millésime 2019
13,5%
Cépages: Grenache (70%), Syrah (30%)

Avec les mirettes nous caressons une cuisse de nymphe. Flair aussi floral que fruité, réel amalgame de pétales de rose, de magnolia, de pomelo et de fraise. Fusion a posteriori avec un soupçon exotique juteux type mangue. Entrée vive et volume de bouche assez ample, complet sur un registre fruité où prédomine l'équipe des rouges. Il reste très gourmand avec une belle harmonie aromatique/acidité pour bercer le cœur de bouche. Finale longue et finement épicée sur une pointe de noix de muscade.

Accord idéal: il peut affronter certains plats de viande sans souci (pourquoi pas une escalope de poulet et une purée de panais) mais je le verrai aussi bien sur un florilège végétal provençal en début de repas, olives, tapenade, aubergines, tomates en salade...


mercredi 18 mars 2020

LANGUEDOC (encore)

Les coutumiers lecteurs de ces lignes sont bien au fait de mon béguin infini pour les vins du Languedoc. Une relation amoureuse d'une dizaine d'années, que je continue à entretenir de manière infaillible. Mais avec une telle richesse (et diversité) de tout, des climats aux cépages en passant par les sols et les méthodes de vinification, je pense que l'on ne peut en avoir assez de toute une vie pour tout connaître et que cet état de fait décuple le plaisir de découvrir encore et encore, à l'affût de nouvelles cuvées différentes.

Ci-dessous, les liens des anciens articles, pour vous permettre de parcourir à nouveau quelques chemins de cette belle région.

LA CLAPE 1
LA CLAPE 2
MUSCAT DE ST JEAN DU MINERVOIS
LANGUEDOC
CORBIERES
HAUTE VALLEE DE L'AUDE
CLAIRETTE DU LANGUEDOC
COTEAUX DE PERIGNAN (non loin de Narbonne)
VIN DE FRANCE issu de terroir héraultais (100% Mourvèdre)
SAINT GUILHEM LE DESERT
LIMOUX
COTEAUX DE NARBONNE

Et tous ceux que je n'ai pas commentés en ces colonnes mais aussi d'estimable qualité. Dans les jours prochains vous découvrirez d'autres vins de cette région et le centième article du blog, qui paraîtra samedi est réservé à la cuvée qui a permis le début de mon idylle, pour l'occasion j'en ouvrirai une bouteille, jalousement et soigneusement conservée au fond de ma cave.

J'aime assez la philosophie et aussi l'authenticité dans les démarches du DOMAINE CLAVEL qui rythmera notre découverte du jour. 30 hectares de vignes sont répartis entre les territoires de Pic-Saint-Loup, La Méjanelle et Montpeyroux, l'évocation des noms laisse déjà place au rêve qui stimulent positivement les cerveaux des amateurs. Depuis 1986, année de sa création, la qualité n'a cessé d'augmenter et les démarches de développement durable (certifié bio et avec démarche biodynamique) sont harmonieusement menées. Ce qui en fait un incontournable du Languedoc. A noter que le millésime dégusté est l'ultime du terroir de la Méjanelle vu qu'à partir de 2017 c'est celle du terroir de Montpeyroux qui a été privilégiée.

VIN ROUGE
France / Languedoc / AOP Languedoc
Domaine Clavel (34820 Assas)
Copa Santa
Millésime 2016
14,5%
Cépages: Syrah (83%), Grenache (17%)

Insondable profondeur du rubis, ses reflets brillants éclaircissent largement votre vue. Vos narines s'emplissent majestueusement d'effluves de fraise des bois, de mûre et de myrtille. Le cassis, le thym et le poivre fraîchement moulu font partie du groupe des poursuivants. Que de complexité. La bouche est littéralement sphérique, très généreuse en structure. Des tanins positivement denses permettent de mettre en évidence un relief aromatique substantiel. On y retrouve toutes les saveurs sus citées harmonieusement mêlées, associées à une touche vanillée qui permet de prolonger l'ensemble quasiment à volonté, sans lourdeur aucune. Peut encore voir la vie du bon côté!

Accord idéal: un mijoté de sanglier aux cranberries


mardi 17 mars 2020

SAVOIE

Les périodes d'isolement peuvent aussi avoir du bon. Pour ceux qui ont oublié quelques bouteilles et/ou qui malgré leur imagination n'arrivent jamais à déterminer le moment idoine pour les faire migrer depuis la cave à la table, vous trouverez en ces temps que nous vivons de belles opportunités. Cela sera pour moi l'occasion de vous présenter une bouteille par jour, avec un exposé bien plus succinct que d'habitude dans le sens où je reviendrai sur des appellations déjà racontées ou des producteurs déjà mis à l'honneur et dont je présenterai d'autres produits de leurs gammes, démontrant ainsi autant leur polyvalence de production que leur qualité.

Comme en beaucoup d'endroits, la vigne est présente depuis très longtemps dans les Alpes et en SAVOIE. La Savoie viticole est composée d'une multitude de "morceaux" de vigne répartis principalement sur les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie mais aussi sur quelques communes de l'Ain et de l'Isère. Les vins de Savoie sont issus de plus de vingt cépages, ce qui est exceptionnel, compte tenu de la taille du vignoble (à peine plus de 2000 hectares). Des sols assez divers bien que majoritairement caillouteux permettent l'épanouissement de ces cépages dans un climat qui varie là aussi selon la position du vignoble. Nous restons néanmoins sur quelque chose de froid et humide, position septentrionale oblige, nous notons quand même quelques influences un peu plus chaudes dans certaines zones. Je reviendrai plus en détail dans quelques mois sur les diverses appellations savoyardes, je resterai aujourd'hui générique.

La MONDEUSE BLANCHE est une de ces variétés que l'on peut qualifier d'autochtone en ces terroirs alpins. Le fait qu'elle soit avec certitude un des géniteurs de la Syrah (par croisement avec la Dureza) m'a fort logiquement conduit à m'y intéresser. Cette Mondeuse Blanche qui n'a rien à voir avec la Mondeuse Noire (que je décrirai également par ailleurs) n'est que désormais que très peu cultivée et par peu de producteurs car les résultats sont parfois inégaux suivant les années. A mon goût, je pense que ce cépage gagne à être connu car je lui trouve de belles qualités, ne serait-ce qu'une grande complexité aromatique et une belle propension à la fraîcheur.

Le DOMAINE DUPASQUIER, histoire familiale de cinq générations est situé au pied du coteau de Marestel. Les vins sont toujours la signature unique de leurs producteurs. Ici, on privilégie le respect de la nature et une vinification soignée complétée par des élevages plus longs en foudre. Une quinzaine d'hectares sont exploités manuellement et voient naître des baies de six cépages à savoir Gamay, Mondeuse Noire, Pinot Noir, Chardonnay, Jacquère et Altesse. Des productions, toutes de grande qualité, avec une expression plus que particulière. Il va de soi que je reverrai avec plaisir sur un salon pour découvrir les nouveaux millésimes ces gens venus d'une autre montagne que la mienne.

VIN BLANC
France / Savoie / AOC Savoie
Domaine Dupasquier (73170 Jongieux)
Mondeuse Blanche
Millésime 2016
12%
Cépages: Mondeuse Blanche (100%)

D'emblée, brillent le bronze et l'or. Sur les sentiers nous partons très bien accompagnés avec des arômes de coing, de poire, d'ananas, de miel et de tilleul. Après aération, ils s'affinent et s'enrichissent d'une note de sultanine. Faramineuse fraîcheur en préambule buccal. Une juste tension pour accompagner un registre déviant majestueusement vers des tons évolutifs. Un éventail aromatique complet permettant de magnifier la vivacité d'un tel nectar. Aimable amer noisette en finale qui se prolonge sur des rémanences sapides bercées par une acidité estimable. Un vin encore expressif mais qui n'a pas fini de dévoiler ses secrets...

Accord idéal: une omelette de champignons fraîchement ramassés