samedi 11 avril 2020

IROULEGUY encore

Il y a quelques temps déjà, je vous ai présenté le vignoble d'Irouléguy (pour mémoire). Ce vignoble qui tutoie les Pyrénées et dont l'altitude oscille entre 250 et 450 mètres peut néanmoins être qualifié de vignoble de montagne dans le sens où la majorité des vignes goûte à la vie sur des terrasses. Cette contrainte de relief contribue à rendre le travail plus difficile et demande plus de précision à tous les stades. 250 hectares répartis sur une quinzaine de communes. Petit périmètre donc mais diversité de sols, des plus légers au plus lourds, conférant ainsi à chaque parcelle un aspect vraiment unique. Un climat fort logiquement océanique mais avec quelques influences montagnardes. Les vins y sont néanmoins tous très expressifs et à divers degrés de puissance.

Comme évoqué ci-dessus, les contraintes de relief requièrent une grande précision dans le travail. C'est vrai tout au long des années et des opérations liées du plant de vigne jusqu'au vin mais c'est encore plus prépondérant au moment des vendanges... Choisir le bon moment et cette fameuse maturité œnologique, notion certes tout à fait théorique, mais qui permet de tenir compte de divers éléments en fonction du potentiel des ensembles mais aussi et surtout de tout mettre en oeuvre pour produire le type de vin recherché. Une sorte de point d'équilibre dont le calcul tient autant de la science que du savoir faire. Une fois ce raisin frais vendangé, à la main toujours ici, c'est un marathon qui commence. Nul n'ignore la propension du raisin à s'oxyder rapidement une fois ramassé, surtout si les températures extérieures sont assez chaudes... Il convient donc d'aller assez vite vers l'endroit où il sera procédé aux premières opérations. La protection de la vendange est un enjeu majeur pour prévenir tout phénomène qui serait irréversible. Encore beaucoup de producteurs utilisent ce que l'on appelle communément les SULFITES (dioxyde de soufre). Les sulfites sont un conservateur très utilisé dans l'agroalimentaire, ils sont employés dans les vins quasiment depuis toujours dans le sens où les Romains faisaient déjà usage de soufre pour conserver leurs vins. Le sulfitage de la vendange dès son arrivée en cave permet de maîtriser la population bactérienne sans affecter les levures et donc la fermentation alcoolique qui fera du raisin un vin... Un cadre légal limite l'utilisation de ces sulfites et de plus en plus de vinificateurs font le choix de ne pas y avoir recours. C'est un choix à la fois personnel et/ou dicté par des nouvelles tendances de consommation quand on veut des produits "sains" (certaines personnes étant intolérantes). Pour l'aspect légal, veuillez noter que la mention obligatoire sur la présence de sulfites n'est obligatoire qu'à partir de 10mg/l dans le vin. Le vin du jour est un de ces vins produits sans utilisation de soufre...

La CAVE D'IROULEGUY est un ensemble coopératif mais plus je parle avec des gens qui la représentent ou la connaissent, plus j'ai l'impression que c'est plutôt une grande famille, quoi de plus logique dans notre paysage viticole et quoi de plus logique dans un pays où les valeurs humaines sont exquises. Des producteurs passionnés qui unissent autant la force que le savoir faire afin de délivrer les raisins les meilleurs en vue de la vinifications de vins rouges, blancs et rosés au charme singulier. Une gamme qui permet une belle aventure sensorielle dans tous les cas, et même si nous parlons d'une cuvée rouge ce jour, je reviendrai très prochainement sur une cuvée blanche car j'ai vraiment le sentiment que les blancs d'Irouléguy n'ont pas l'aura qu'ils méritent auprès des oenophiles. Pour ma part, je suis tombé sous leur charme...

VIN ROUGE
France / Sud-Ouest / AOP Irouléguy
La Cave d'Irouléguy (64430 St-Etienne-de-Baïgorry)
GABE (cela signifie SANS tout simplement, en référence à sans sulfites ajoutés)
Millésime 2019
13,5%
Cépages: Tannat (65%), Cabernet-Franc (35%)

Une robe très profonde mais avec la nostalgie de sa jeunesse par des reflets violines. Une perception nasale instantanée et totale de fruits (cerise noire d'Itxassou, framboise sur-mûrie, prunelle du Baztan). Formidable éveil des sens. En bouche, voluptueuse association de tanins soyeux enrobés par une structure aromatique toujours aussi pléthorique. L'histoire est loin d'être terminée, les fruits se rappellent à nous de manière infinie sur un registre désaltérant. Un vin à boire typiquement sur sa jeunesse pour la pureté de son fruit. Egarri naiz!   
Accord idéal: Un parmentier de veau dans lequel on aura fait fondre quelques fines tranches de fromage Ossau-Iraty


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