samedi 6 juin 2020

GAILLAC encore et toujours

Format un petit peu différent pour cette nouvelle escapade en terres gaillacoises, mais je ne pouvais pas passer à côté de vous raconter cette formidable cuvée...

A.O.P. Gaillac – Millésime 2017 – Cuvée 'L'Ancestral' – Domaine Barreau


Le vignoble de GAILLAC est situé dans le Sud-Ouest de la France. Il serait selon certains historiens un des vignobles les plus anciens de France. Installé de part et d'autre de la rivière Tarn, sa surface avoisine quatre-mille hectares. Vous trouverez ici de nombreux types de produits, des vins blancs (secs, doux et perlés), des vins rosés, des vins rouges et aussi des vins effervescents (méthode ancestrale majoritaire). On dit communément que Gaillac est le trait d'union entre les vins du Sud-Ouest et du Sud-Est. C'est aussi vrai pour les cépages, que pour les climats et les sols.

Le DOMAINE BARREAU est niché sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, non loin du fameux plateau cordais, très calcaire, des paysages et des sols qui rappellent la Bourgogne. Comme beaucoup d'exploitations viticoles, c'est une belle saga familiale qui est à l'origine de la renommée du domaine, les générations se succèdent à l'œuvre depuis 1865. Aujourd'hui, ce sont quarante-cinq hectares qui sont cultivés avec extrême soin, dont les raisins permettent la production de tous les types de vins admis dans le cahier des charges des appellations gaillacoises. D'une régularité louable, les distinctions diverses sont souvent au rendez-vous.

La cuvée L'ANCESTRAL est le fleuron du domaine, le haut de la gamme dans les vins rouges. Elle met à l'honneur les cépages Braucol (dénomination locale du Fer Servadou, choisi pour sa fraîcheur résistante à l'épreuve du temps), Prunelart (cépage autochtone tarnais aux arômes de pruneau et d'épices) et Syrah (pour apporter structure tannique et complexité). Seuls les raisins les plus mûrs sont employés pour son élaboration, une grande partie de la vinification est effectuée en barriques avant un élevage long de dix-huit mois en fût de chêne neuf. Une synergie de conditions pour l'avènement d'un vin de garde.

Brillante robe pourpre aux reflets rubis. Nez assez intense et complexe de cassis, de myrtille, de prune noire, de violette et de poivre blanc. S'affine après aération sur une note balsamique. La bouche est charnue mais imprégnée d'une belle fraîcheur, les saveurs sont identiques à l'olfaction. Les tanins sont denses et poudreux, ils donnent beaucoup de relief à l'ensemble. Une finale longue, aromatique et juteuse.


Un passage en carafe avant le service permettra d'amplifier l'expression de sa complexité aromatique tout en harmonisant sa matière. Température conseillée de service à 17° en raison de sa structure tannique marquée. L'associer à un plat local nommé le Frésinat, savoureux ragout de viande de porc semble judicieux. Ce vin peut être de plaisir immédiat, son olfaction dans un registre fruité et sa fraîcheur lui laissent néanmoins espérer une garde d'encore cinq ans. 


mardi 2 juin 2020

COTEAUX VAROIS EN PROVENCE encore et toujours

Certains vins ont parfois le don de produire des déclics quand tout voudrait aller moins bien sans raison apparente et/ou quand la motivation semble vouloir flancher... Cette période d'isolement introduit inconsciemment du doute et des doutes chez tout un chacun... D'un avis personnel, mieux vaut les balayer car ils sont dans la plupart des cas plus contextuels qu'avérés. L'adaptabilité et la réactivité comme leitmotivs d'un espoir mérité par tous... Passé ce petit épisode philosophique, revenons-en justement aux vins qui pour beaucoup ne peuvent qu'aider à philosopher encore plus sur la philosophie, un produit libérateur de conscience et guide d'esprit...

J'ai déjà eu deux fois (article 1, article 2) l'occasion de vous parler en mes ballades virtuelles de vins issus de l'appellation COTEAUX VAROIS EN PROVENCE, une des provençales dans laquelle je trouve de la qualité et qui ne bénéficie pas, toujours à mon goût, de l'aura méritée en rapport à de beaux produits dans l'ensemble. Ce vignoble peut être considéré comme le plus continental des vignobles provençaux. En effet, coincé entre les massifs montagneux et de nombreuses collines, il oscille à une altitude moyenne de 350m. Le climat reste bien évidemment méditerranéen mais les nuits y sont plus fraîches, phénomène très favorable à une maturité optimale des raisins. Une majorité de la production est orientée de manière écrasante vers les rosés (90%), dont certains ont vraiment de la qualité (l'article 1 fait la peinture d'une belle cuvée). Il parait néanmoins difficile de ne pas parler des vins rouges. Ils représentent certes 8% de la production mais pour en avoir dégusté quelques uns, je puis vous certifier que la qualité est systématiquement au rendez-vous, la régularité et l'équilibre des vins également. Une nouvelle dégustation ce jour, lors de mon pèlerinage du moment, d'un domaine que je ne connaissais pourtant pas au préalable me l'a encore confirmé.

Le DOMAINE DE RAMATUELLE se trouve à Brignoles et pas à Ramatuelle les pieds dans l'eau... Une fois la cocasserie écartée, il convient de souligner que nous sommes comme souvent sur une histoire multi-générations (la quatrième de la famille LATIL depuis 1934). Une diversité étoffée de cépages permet des productions originales et stylées. Un soin très particulier est apporté à la conduite du vignoble (domaine certifié HVE) ainsi qu'aux vinifications. Comme précisé plus haut, je ne connaissais pas ce domaine jusqu'à ce matin mais je ne manquerai pas de déguster le reste de la gamme afin de confirmer une telle bonne impression.

VIN ROUGE
France / Provence / AOP Coteaux Varois en Provence
Domaine de Ramatuelle (83170 Brignoles)
Bienfait de Dieu
Millésime 2015
13,5%
Cépages: Syrah, Mourvèdre, Carignan, Cabernet-Sauvignon

L’œil discerne une profondeur brillante oscillant de manière mystique entre le pourpre et le grenat. Le nez est en mode dévotion à une richesse d'odeurs de mûres, de cassis, d'olive noire et de cacao amer. La complexité est confirmée avec l'apparition de poivre blanc après aération. La bouche se confesse d'entrée de manière charnue, une vraie et belle matière vient caresser toutes les parois de la bouche, une aromatique réellement fidèle aux premières perceptions formant une association spirituelle avec des tanins denses mais soyeusement annoblis par le temps. Pieusement fidèle, la fraîcheur est toujours là sur une finale d'une belle longueur mêlant les épices et le cacao. Un souvenir tel un recueillement...
      
Accord idéal: brochettes d'agneau à la provençale