Etre passionné par les vins c'est s'intéresser à un ensemble de choses: sols, climats, cépages, pratiques culturales, vinifications... Tous ces éléments sont globalement maîtrisables. Ce qui l'est moins ce sont les effets du vieillissement et il n'y a pas de meilleur exercice de dégustation que de goûter des vins plutôt vieux voire même dépassés (tout du moins en théorie).
Pour ma part je suis très centré sur les cépages et sur leurs diverses expressions en fonction de tous les autres éléments précisés ci-dessus. Ceci explique entre autres le nom de ce blog... J'avais eu l'occasion de vous parler assez souvent de cuvées construites sur des monocépages, nous irons ici plus loin avec des vins construits autour d'un cépage unique, lui même résultant de l'association de deux excellents cépages.
J'ai conservé dans ma cave un certain nombre de bouteilles sans prétentions achetées à prix d'or alors que j'avais vingtaine et que je n'étais pas encore fortuné pour acquérir des flacons plus ambitieux. Un vin, qui n'est bien sûr pas de garde à la base mais je dois bien avouer qu'une fois encore la surprise fût aussi totale qu'agréable et qu'elle va me permettre de vous parler de ces cépages fabriqués par des institutions scientifiques, bien trop souvent méconnus, mais qui représentent à moyen ou long terme l'avenir de la filière viti-vinicole. Je suis un brin provocateur en ces lignes mais réellement convaincu.
Le but de tous ces travaux de recherche et d'expérimentation est de créer des espèces plus résistantes aux conditions et aléas (qualité des sols, climats), des espèces plus faciles à rendre productives, des espèces présentant des qualités inédites après vinification (visuelles, olfactives, gustatives).
Le CALADOC fait partie de ces cépages. Obtenu en 1958 par l'INRA de Montpellier par le croisement de deux excellents cépages à savoir le Grenache Noir (entre autres Châteauneuf du Pape) et le Cot/Malbec (entre autres Cahors). Très rapidement beaucoup plus productif, il est en outre très résistant aux maladies et aux ravageurs naturels. Produit en grande partie autour de l'arc méditerranéen et vinifié seul pour des cuvées d'entrée de gamme, il rentre de plus en plus comme composante d'assemblages plus ambitieux. Il est même très récemment entré dans la liste des cépages autorisés pour la production des vins IGP Pays-d'Oc, une belle reconnaissance donc quand on connait le rayonnement à l'export de cette appellation. Il donne des vins généralement corsés, charpentés et chaleureux.
J'ai découvert ce cépage que j'apprécie beaucoup il y a une dizaine d'années lors d'une visite dégustation dans un des caveaux des VIGNERONS DU GARLABAN. Une coopérative produisant des vins AOC Côtes de Provence et des IGP Bouches-du-Rhône à cheval entre les Bouches-du-Rhone et le Var. Les caveaux sont situés à Gémenos, Auriol, La Destrousse et La Ciotat. Ils produisent toujours une gamme "Cépages" dont fait partie le Caladoc en rouge et en rosé. Je vous livre ci-dessous deux commentaires de dégustation sur des cuvées de 2005, une superbe année pour beaucoup de vins...
VIN Rosé
France / Provence / Vin de Pays des Bouches-du-Rhône (à l'époque)
Les Vignerons du Garlaban / Gémenos (13)
CALADOC
Millésime 2005
Les Vignerons du Garlaban / Gémenos (13)
CALADOC
Millésime 2005
12,5%
Cépages: Caladoc (100%)
Belle couleur tirant entre l'orangé et la pelure d'oignon. Robe brillante et limpide. Le nez reste encore très ouvert sur des pêches bien mûres et des feuilles de tilleul. Après oxygénation, nous sommes transportés sur des sentiers très balsamiques. La bouche est aussi rafraîchissante que suave, sans amertume aucune. Finesse et équilibre sur des notes de nectarine et de bonbon au caramel. La finale est très marquée sur les épices et reste longuement en survivance. Un rosé dans un style provençal tel que trop nombreux n'auraient pas dû changer.
Les rosés se boivent généralement plutôt jeunes. Le poids des ans n'a nullement marqué négativement celui-ci qui bien que dans un style vieilli reste très intéressant et peut accompagner sans souci quelques plats.
France / Provence / Vin de Pays des Bouches-du-Rhône (à l'époque)Belle couleur tirant entre l'orangé et la pelure d'oignon. Robe brillante et limpide. Le nez reste encore très ouvert sur des pêches bien mûres et des feuilles de tilleul. Après oxygénation, nous sommes transportés sur des sentiers très balsamiques. La bouche est aussi rafraîchissante que suave, sans amertume aucune. Finesse et équilibre sur des notes de nectarine et de bonbon au caramel. La finale est très marquée sur les épices et reste longuement en survivance. Un rosé dans un style provençal tel que trop nombreux n'auraient pas dû changer.
Les rosés se boivent généralement plutôt jeunes. Le poids des ans n'a nullement marqué négativement celui-ci qui bien que dans un style vieilli reste très intéressant et peut accompagner sans souci quelques plats.
VIN ROUGE
Les Vignerons du Garlaban / Gémenos (13)
CALADOC
Millésime 2005
CALADOC
Millésime 2005
13%
Cépages: Caladoc (100%)
Aucune réduction à l'ouverture de la bouteille. Robe fauve très profonde, intensité clairement encore très marquée. Les fruits rouges sur-mûris gagnent rapidement nos muqueuses olfactives. La deuxième intention permet clairement d'y subodorer un bouquet de violettes. Nerveux en entrée, il se montre par la suite coulant et velouté. Les tanins sont encore relativement charnus. Nous avons là une déclinaison de fruits séchés et trop mûrs, les framboises et les mûres, comme intégrés au milieu d'une tablette de bon chocolat noir. La finale est à la fois infinie sur des nuances de cuir et chaleureuse sur une explosion épicée. Le palais le commémore sur une belle durée.
Un rouge sans prétention qui peut regarder droit dans les yeux ses grands frères de par son aptitude au vieillissement et sa complexité.
Ce cépage démontre ainsi sa capacité à traverser le temps tout en conservant ses qualités, son originalité et en se bonifiant.
C'est ce qui me fait dire que ces cépages vont dans un futur très proche faire l'objet d'un intérêt par des professionnels qui mettront de côté de vieilles idées reçues et casseront les tabous de la profession encore un peu trop conservatrice par moments.
Il faudra aussi que les clients potentiels changent leurs comportements de consommation encore trop peu tournés vers ces cuvées.
Aucune réduction à l'ouverture de la bouteille. Robe fauve très profonde, intensité clairement encore très marquée. Les fruits rouges sur-mûris gagnent rapidement nos muqueuses olfactives. La deuxième intention permet clairement d'y subodorer un bouquet de violettes. Nerveux en entrée, il se montre par la suite coulant et velouté. Les tanins sont encore relativement charnus. Nous avons là une déclinaison de fruits séchés et trop mûrs, les framboises et les mûres, comme intégrés au milieu d'une tablette de bon chocolat noir. La finale est à la fois infinie sur des nuances de cuir et chaleureuse sur une explosion épicée. Le palais le commémore sur une belle durée.
Un rouge sans prétention qui peut regarder droit dans les yeux ses grands frères de par son aptitude au vieillissement et sa complexité.
Ce cépage démontre ainsi sa capacité à traverser le temps tout en conservant ses qualités, son originalité et en se bonifiant.
C'est ce qui me fait dire que ces cépages vont dans un futur très proche faire l'objet d'un intérêt par des professionnels qui mettront de côté de vieilles idées reçues et casseront les tabous de la profession encore un peu trop conservatrice par moments.
Il faudra aussi que les clients potentiels changent leurs comportements de consommation encore trop peu tournés vers ces cuvées.

